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Les mythes au jardin: démystifier le vrai du faux
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Les mythes au jardin: démystifier le vrai du faux

Texte: Miléna Babin; Expert-conseil: Les Urbainculteurs, urbainculteurs.org

S’il y a un domaine dans lequel les mythes fusent de toute part, c’est bien celui du jardinage! Bien qu’à la base, la majorité de ces croyances populaires soient inspirées de faits réels, les astuces suggérées ne s’avèrent pas toutes aussi efficaces qu’on le prétend. Lumière sur quelques mythes véhiculés par les jardiniers.

Le marc de café protège nos plants contre les insectes et les maladies.

FAUX. Certains jardiniers ajoutent du marc de café à leurs plate-bandes afin d’éloigner les insectes et de protéger leurs plants contre les maladies. Pourtant, rien jusqu’à ce jour ne prouve que cette technique est efficace pour contrer ces deux problèmes.

Autre mythe à déboulonner au passage: le marc de café n’est pas trop acide pour la terre ni pour le compost! Il s’agit au contraire d’un produit de nature organique très intéressant pour enrichir le sol. Vous pouvez donc l’intégrer à votre potager en guise d’amendement ou encore l’ajouter dans le bac à compost.

Les coquilles d’oeufs rebutent les limaces.

FAUX. Vous avez certainement déjà entendu le mythe horticole très répandu selon lequel il suffit d’encercler nos plants de laitue de coquilles d’oeufs grossièrement broyées afin de créer une barrière meurtrière pour les limaces. La logique derrière cette affirmation veut que les limaces se coupent sur les coquilles au moment de traverser la barrière.

Or, non seulement les coquilles d’oeufs ne sont pas du tout coupantes, mais en plus, l’odeur des oeufs attire lesdites limaces. Vous n’en êtes pas convaincu? Une brève recherche sur Internet vous mènera à des vidéos où l’on voit des limaces traverser les barrières de coquilles d’oeufs sans le moindre mal, pour ensuite se délecter de laitue!

Une barrière de cendres de bois empêche les limaces d’atteindre les légumes.

VRAI. Parmi les nombreuses astuces réputées pour contrer la présence des limaces, on compte la barrière de cendres de bois. Elle consiste simplement à créer un cercle de cendres de bois autour du plant à protéger.

Bien qu’à ce jour, aucune étude n’ait déterminé ce qui rebute les limaces entre le taux élevé d’acidité de la cendre de bois et sa texture, il demeure que ces mollusques ne la traversent bel et bien pas. Cependant, pour que ce truc fonctionne, il vous faudra recréer la barrière après chaque pluie ou chaque grand vent.

Le compagnonnage est une technique efficace.

FAUX. La technique du compagnonnage, qui consiste à associer ou à dissocier certains spécimens sous prétexte qu’ils se cultivent bien ou mal ensemble, est assurément le mythe le plus tenace du milieu horticole.

Basé sur deux livres publiés par l’Américaine Louise Riotte en 1970, le compagnonnage végétal a malheureusement été maintes fois démenti par de nombreuses recherches et expériences horticoles ces 50 dernières années.

Le moment venu de faire le plan du potager, il vaut mieux se fier aux quelques principes éprouvés que l’on connaît: éviter de jumeler tomates et aubergines afin qu’elles ne se fassent pas concurrence sur le plan des nutriments, semer fines herbes et laitues au pied des plants de tomates pour leur offrir l’ombre dont elles ont parfois besoin, etc.

Un pesticide à base d’ail peut éliminer les petits insectes nuisibles.

VRAI. Connaissez-vous quelqu’un qui prépare ses propres concoctions insectifuges à base de gousses d’ail? Aussi curieux que cela puisse paraître, le traitement à l’ail peut éliminer les pucerons, les araignées rouges, les criocères et les chrysomèles. Pour ce faire, versez dans le contenant du mélangeur électrique 500 ml (2 tasses) d’eau froide, puis ajoutez-y une grosse gousse d’ail hachée.

Mélangez ensuite la préparation jusqu’à ce que l’ail soit réduit en purée, puis transvidez le mélange dans un contenant hermétique. Fermez-le et laissez le mélange reposer 24 heures avant de le filtrer à l’aide d’une passoire fine. Mélangez ensuite la préparation filtrée avec 4 litres (16 tasses) d’eau froide.

Ajoutez enfin quelques gouttes de savon à vaisselle liquide ou 5 ml (1 c. à thé) d’insecticide au mélange pour aider le traitement à l’ail à adhérer aux feuilles des plants, puis transférez le tout dans un contenant pulvérisateur. Le tour est joué!

Le savon peut traiter les plants contre les insectes.

VRAI. Nos grands-mères avaient l’habitude de traiter les indésirables au jardin à grands coups d’eau savonneuse. Et cela s’avérait fort efficace: si l’eau savonneuse n’est pas toxique pour les insectes, elle bouche toutefois les pores par lesquels ils respirent.

Cependant, de nos jours, il faut faire très attention lorsqu’on utilise cette méthode, puisque les ingrédients des détergents, particulièrement des liquides à vaisselle, ne sont plus aussi inoffensifs qu’autrefois. Dans bien des cas, d’ailleurs, l’insecticide est meilleur pour l’environnement et la santé des plantes que le savon à usage domestique.

Résultat? En utilisant une eau savonneuse, plusieurs jardiniers brûlent, voire tuent leurs végétaux. Pour éviter les dégâts, utilisez toujours un savon doux (le plus pur possible) lorsque vous faites un tel essai, puis testez votre recette sur une section de la plante au préalable. Notez enfin que tous les spécimens au potager ne réagiront pas de la même façon.

Il faut supprimer les gourmands de tomates.

INCERTAIN. Voilà une question qui divise les amateurs d’horticulture! Des générations de jardiniers avancent que les tiges secondaires des plants de tomates devraient être supprimées dès leur apparition afin de ne pas «gruger» l’énergie de la plante.

Toutefois, d’autres pensent que les supprimer équivaut à condamner une partie de la récolte, étant donné que les tiges secondaires produisent elles aussi des fruits. Surtout, ils sont d’avis qu’en conservant les tiges secondaires, on évite les lésions laissées par cette intervention, lesquelles blessent inutilement le plant et lui cause du stress.

Si vous choisissez de les conserver, utilisez une cage à tomates pour aider les plants à supporter leurs tiges lourdes de fruits. Les cages à tomates sont particulièrement importantes avec les variétés indéterminées.

Le sel d’Epsom est bon pour les tomates.

FAUX. En raison du magnésium et du soufre qu’il contient, le sel d’Epsom (sulfate de magnésium) est souvent présenté comme un remède miraculeux au jardin, particulièrement pour obtenir des tomates saines et de taille plus généreuse.

Cependant, à moins que le sol manque de magnésium ou de soufre, ce qui est rarissime, le sel d’Epsom n’aura aucun effet sur la croissance des tomates. D’ailleurs, si le sol en manquait véritablement, il vaudrait mieux l’amender avec un engrais biologique complet qui lui offrirait une plus grande variété d’oligo-éléments.

Les purins insectifuges sont efficaces.

VRAI. Nos grands-mères étaient nombreuses à faire bouillir des feuilles de rhubarbe, d’ortie, d’absinthe ou de tanaisie afin de créer des purins naturels visant à contrer les insectes. S’ils ne les tuent pas nécessairement, ces purins sont bel et bien efficaces pour les faire fuir.

Les proportions de feuillage et d’eau n’ont pas besoin d’être précises : il suffit de faire bouillir une poignée de feuilles dans l’eau pendant une vingtaine de minutes, puis de laisser refroidir la préparation et de la tamiser avant de transvider le mélange dans un contenant pulvérisateur.

Notez que le purin d’ortie peut être utilisé tant pour éloigner les insectes, plus précisément les altises, qu’en guise de fertilisant ou de traitement contre la verticilliose. Vous devez toutefois utiliser des gants pour manipuler les feuilles et appliquer le purin d’ortie, puisque le tout est très toxique.

Certaines fines herbes repoussent les ravageurs.

FAUX. Vous a-t-on déjà suggéré de cultiver une rangée de thym, de mélisse, de menthe ou de sauge pour éloigner les ravageurs de votre potager? Il fut effectivement un temps où l’on croyait que les herbes aromatiques, en raison de leurs huiles essentielles, pouvaient tenir à l’écart les insectes et les rongeurs.

Cela dit, cette technique s’appuie sur quelques rares expériences personnelles positives, et non pas sur la science. Ces odeurs peuvent au mieux repousser les indésirables dans un premier temps, mais ceux-ci finiront par revenir et trouver ce qu’ils cherchent.

Rappelez-vous que pour éloigner certains insectes, il n’y a rien de mieux que de planter en périphérie un spécimen qui attire l’un de ses prédateurs!

Il vaut mieux déposer des roches au fond des contenants sans trous.

FAUX. Un mythe horticole très bien ancré dans l’usage veut que l’on doive déposer une couche de gravier ou de tessons de grès au fond des contenants qui ne comportent pas de trous de drainage.

Étant donné que les pots sans trous de drainage ne permettent pas à l’excédent d’eau de s’échapper lors des arrosages, cette méthode tend à pallier le problème en évitant aux racines de tremper dans l’eau, ce qui provoquerait leur pourrissement.

Malheureusement, même avec une bonne couche de gravier au fond des pots, les racines des plants se retrouveront dans l’eau. Il faut donc privilégier des pots munis de trous, utiliser les pots sans trous comme cache-pot seulement, ou encore arroser le plant en petite quantité pour éviter que l’eau ne s’accumule au fond du pot.

Il vaut mieux ajouter des coquilles d’oeufs dans sa terre à jardin.

FAUX. Il n’est pas rare que les amateurs d’agriculture biologique ajoutent des coquilles d’oeufs broyées dans leur terre à jardin, sous prétexte qu’elles augmentent la teneur en calcium du sol.

On dit même que cela aiderait à prévenir la pourriture apicale des plants de tomates, alors que ce phénomène est avant tout causé par les écarts entre les arrosages (aussi appelés «arrosage en dents de scie»).

En vérité, les coquilles d’oeufs mettent tellement d’années à se décomposer – de quelques décennies à quelques siècles – que cette pratique n’offre qu’une infime quantité de calcium aux plants. Qui plus est, le calcium étant naturellement présent dans la nature, il est souvent inutile d’en rajouter dans le sol.

La nicotine peut servir de base pour un insecticide maison sécuritaire.

FAUX. Vous pouvez trouver sur Internet des recettes d’insecticides maison préparés à partir de mégots de cigarettes ou encore de tabac. Ces derniers sont sans doute efficaces pour tuer les insectes, mais ils mettront en danger la vie de vos enfants, de vos animaux de compagnie et de vos plants.

Si certains semblent penser qu’une telle pratique est moins nocive pour la santé et l’environnement que l’utilisation d’insecticides du commerce ou de ceux faits à base de savon, soyez assuré qu’elle peut être mortelle et s’avère fortement déconseillée.

La camomille, la cannelle et les clous de girofle peuvent servir de fongicide.

VRAI. La fonte des semis, cette maladie fongique qui fauche nos semis en un temps record, est un phénomène désolant et assez répandu en horticulture. Une astuce populaire pour contrer ce problème consiste à préparer une infusion (tisane) à base de camomille ou de clous de girofle et à la laisser refroidir avant d’en appliquer sur nos semis à l’aide d’un contenant pulvérisateur.

En remplacement de ces infusions, on peut aussi saupoudrer une petite quantité de cannelle moulue sur nos semis. On recommande d’adopter ces techniques par mesure préventive, car elles ne peuvent rien contre un plant déjà touché par la fonte des semis. Elles pourraient, toutefois, empêcher ladite maladie de se propager sur les autres semis.



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  1. Delanne Patrick juin 30, 2020

    Je débute et suis donc intéressé par vos publications.
    Bonne journée.

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