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Tout savoir sur le compostage
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Tout savoir sur le compostage

Recherche et texte : Miléna Babin; Expert-conseil : Craque-Bitume, craquebitume.org
Réalisation des compostières : Craque-Bitume, craquebitume.org.

De plus en plus sensibilisés au « zéro déchet », au « fait maison » et à l’achat local, les consommateurs sont nombreux à cultiver leur propre potager, et par le fait même, à s’adonner au compostage. Mais de quoi s’agitil concrètement ?

On désigne par « compost » ou « humus » le résultat de la décomposition naturelle des matières organiques, telles que les feuilles et les déchets de jardin ainsi que les déchets de cuisine. Plus précisément, le compostage a lieu grâce aux micro-organismes et aux vers qui se nourrissent de cesdites matières pour les transformer en terreau fertilisant pour le jardin, le potager et la pelouse. Un compost efficace devrait être composé d’un tiers de « vert », comme les fruits et les légumes qui sont riches en eau et en azote, et de deux tiers de « brun », comme les feuilles mortes et le bois, lesquels sont riches en carbone. Ajoutez à cela la quantité nécessaire d’humidité, de chaleur et d’oxygène, et le tour est joué !

Le compost s’avère un excellent moyen de contrer le gaspillage, d’épargner une partie des coûts liés à l’entretien d’un potager et de rendre ce dernier plus productif en le nourrissant de fertilisants 100 % naturels. Vous croyez que le compostage est réservé à ceux qui vivent en banlieue ? Détrompez-vous ! Il existe quatre manières de composter qui correspondent à chaque mode de vie.

Les avantages d’utiliser des fertilisants naturels

L’utilisation de produits chimiques en guise d’engrais ne fait pas le poids en comparaison avec le compost. Incorporé au potager, aux platebandes ou à la pelouse, et ce, même en petite quantité, le compost permet non seulement d’enrichir le sol de minéraux comme le ferait un engrais traditionnel, mais il permet en plus d’activer la vie microbienne et d’assurer la fertilité à moyen et à long terme de celui-ci. Résultat? On s’assure des plantes vigoureuses ainsi qu’un meilleur rendement de nos récoltes. Ces fertilisants naturels possèdent en outre des propriétés antifongiques, et donc la capacité de contrer certaines maladies des plantes causées par des champignons.

Pas envie de le faire vous-même ?

Faute de temps, d’espace ou de motivation, l’idée de préparer votre propre fertilisant naturel vous rebute? Sachez que vous pouvez vous procurer du compost dans les centres de jardinage. Privilégiez bien sûr des produits biologiques et renseignez-vous auprès d’un professionnel qui saura vous suggérer le fertilisant naturel le mieux adapté à vos besoins.

Le compostage communautaire

Ce type de compostage de plus en plus prisé vise à permettre aux gens vivant en milieu urbain de réduire leur empreinte environnementale et de profiter de fertilisants naturels dans le but d’enrichir leur potager ou leur gazon. Les citoyens qui le désirent sont donc invités à composter leurs matières organiques sur des sites publics où des composteurs sont mis à la disposition des membres. Ils doivent participer au brassage et sont invités à participer aux deux corvées annuelles pour vider le bac de compost le plus mûr. Ce compost est ensuite tamisé et mis en sac avant d’être redistribué aux usagers. À Montréal, par exemple, on trouve des sites de compostage communautaire dans les secteurs Mile-End, Jeanne-Mance et DeLorimier, et à Québec, dans les quartiers Vieux-Limoilou, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Montcalm, Charlesbourg et Saint-Jean-Baptiste. Visitez le ville.montreal.qc.ca et le ville.quebec.qc.ca pour connaître l’emplacement exact des composteurs et entrer en contact avec les organismes responsables afin de vous y inscrire.

Le compostage par la ville

Photo: Shutterstock

Au Québec, des centaines de municipalités se sont tournées vers la collecte de résidus alimentaires, alors que d’autres ont mis sur pied des projets pilotes dans l’éventualité d’offrir ce service aux citoyens. Les modalités de collecte varient d’un arrondissement à l’autre, mais en règle générale, les utilisateurs se voient remettre par leur ville un premier bac, soit un petit bac de comptoir dans lequel ils peuvent déposer les restes de table et qui peut aussi bien se ranger sous l’évier qu’au réfrigérateur ou au congélateur. Un deuxième bac, de couleur brune, sert à recueillir le contenu du bac de comptoir pour la collecte, qui a généralement lieu chaque semaine. Contrairement au bac de comptoir, ce dernier doit être maintenu à l’extérieur.

Envie de participer au développement durable de votre ville ? Consultez la carte interactive sur le site de Recyc-Québec pour savoir si votre municipalité fait partie des 360 de la province de Québec à offrir le service de collecte de résidus alimentaires. Si tel est le cas, il suffi t de vous inscrire pour recevoir vos bacs.

Le compostage domestique

Photo: Shutterstock

Vous avez une cour arrière suffisamment grande pour accueillir un, voire deux composteurs ? Sachez que faire son propre compostage à la maison est de loin la meilleure façon de donner une deuxième vie à vos déchets organiques et de mieux en profiter. Rendez-vous d’abord sur le site Web de votre ville pour connaître les règlements municipaux en lien avec le compostage domestique et choisissez un emplacement bénéficiant de soleil pendant la moitié de la journée. Vous pouvez ensuite vous procurer un ou deux composteurs, ou encore en fabriquer vous-même. Pourquoi deux composteurs ? Comme la transformation des matières organiques en compost peut prendre jusqu’à un an, vous pourrez ajouter les nouvelles matières dans un premier bac pendant que la maturation se poursuit dans le deuxième. Le compost est prêt quand il a l’apparence (couleur brun foncé) et l’odeur de la terre, et que l’on ne peut plus reconnaître les matières qui le composent. Notez que plus la taille des résidus est petite, plus le processus de décomposition est rapide.

Fabriquer une compostière

La parfaite compostière possède des parois latérales rigides et légèrement aérées, un couvercle relativement étanche à l’eau ainsi qu’une ouverture à l’avant pour faciliter la récolte, et ne comporte pas de fond. Elle doit aussi être facilement accessible à partir de la cuisine et du jardin. Le cèdre de l’Est, le mélèze et le bois torréfié sont d’excellentes essences pour la fabrication de ces bacs, puisqu’elles ne se décomposent pas. Tout bois de récupération non traité chimiquement, comme les palettes de bois, s’avère aussi une option à la fois économique et écologique. Dans ce cas, il faut cependant traiter l’intérieur et l’extérieur à l’huile de lin bouillie. Vous pouvez également fabriquer une compostière à l’aide d’une poubelle en plastique sans fond.

Pour plus de détails, rendez-vous sur le site Web de la Ville de Québec dans la section « Fabrication d’un composteur en bois ».

Comment l’entretenir ?

Durant le processus de décomposition des matières organiques, il convient de maintenir le contenu du bac légèrement humide et de le remuer régulièrement afin de bien l’aérer. À cet effet, il existe des aérateurs à compost de type ailettes qui vous faciliteront la tâche. Une fois le composteur rempli, vous devrez transférer son contenu dans le second bac et déposer les prochaines matières organiques dans le premier composteur. Ce transfert permet de bien aérer le contenu et d’accélérer la décomposition.

Quoi mettre ?

Matières vertes

  • Déchets verts de jardin et plantes d’intérieur (fleurs, feuilles, etc.)
  • Petites rognures de gazon séchées en petites quantités
  • Résidus de fruits et de légumes, restes de pain, pâtes alimentaires et légumineuses
  • Filtres et marc de café, sachets de tisane et de thé
  • Poils d’animaux et cheveux

Matières brunes

  • Papier journal (encre noire)
  • Feuilles mortes, brindilles, copeaux de bois
  • Aiguilles de conifères
  • Paille
  • Vieux vêtements en fibre naturelle

Autres

  • Coquilles d’oeufs broyées
  • Terreau d’empotage
  • Terre de jardin

Quoi ne pas mettre ?

  • Viande, poisson, crustacés
  • Produits laitiers, os, gras et huile
  • Plantes malades, en graines, à rhizomes ou traitées avec pesticides
  • Feuilles de rhubarbe, de chêne et de noyer
  • Cendre
  • Contenu du sac de l’aspirateur et charpie de la sécheuse
  • Excréments de toutes provenances

Le vermicompostage

Photo: Shutterstock

Le vermicompostage, aussi appelé « lombricompostage », est le seul type de compostage qui présente l’avantage de pouvoir être pratiqué à l’intérieur. Le vermicompost est plus riche en minéraux et en nutriments que le compost ordinaire, sa texture est plus uniforme et il n’a pas besoin d’être tamisé. Plus riche en micro-organismes, il contribue aussi à rendre le sol meilleur.

Le vermicomposteur peut prendre diverses formes, mais généralement, il consiste en une simple boîte en plastique de la grosseur d’un petit bac de recyclage dans lequel on a fait des trous sur le dessus et en dessous dans le but de permettre l’aération. À l’intérieur, on place une litière composée de matériaux riches en carbone (terreau, papier journal déchiqueté, etc.) et de vers à compost (différents des vers que l’on trouve au jardin) : ces derniers se nourrissent de matières en décomposition pour transformer le terreau et les résidus ajoutés en fertilisant naturel. Selon les conditions d’utilisation, on peut profiter du compost au bout de quelques mois pour enrichir nos plantes intérieures. S’il est pratiqué dans les règles de l’art, le vermicompostage ne produit aucune odeur et les vers ne peuvent pas s’échapper du bac. Il est possible d’acheter une vermicompostière ou encore de la fabriquer soi-même.

Des bibittes ? Pas de panique !

Il peut arriver que de petits insectes (moucherons, cloportes, etc.) apparaissent dans la vermicompostière si les conditions ne sont pas idéales. Dans ce cas, il convient de laisser la vermicompostière dans un endroit frais, de cesser de nourrir les vers pendant une période de deux à quatre semaines et d’ajouter de la matière carbonée pour réduire l’humidité.

Quoi mettre ?

Évitez de nourrir les vers plus de deux fois par semaine. Pendant les canicules, laissez vos restes de table dans le congélo afi n d’éviter les mauvaises odeurs. Si vous utilisez cette méthode, dégelez les restes avant de nourrir les vers ! Ajoutez toujours du papier journal en même temps que vous les nourrissez.

Matières vertes

  • Déchets verts de plantes d’intérieur (fleurs, feuilles, mauvaises herbes, rognures de gazon, etc.)
  • Résidus de fruits et de légumes, pain, croûtes de pizza, pâtes alimentaires sans huile ni assaisonnement, légumineuses coupées en petits morceaux
  • Filtres et marc de café, sachets de tisane et de thé
  • Poils d’animaux et cheveux

Matières brunes

  • Papier journal (encre noire)

Autres

  • Coquilles d’oeufs broyées finement
  • Terreau d’empotage

Quoi ne pas mettre ?

  • Viande, poisson, crustacés
  • Produits laitiers, os, gras et huile
  • Résidus salés ou vinaigrés
  • Plantes malades, en graines, à rhizomes ou traitées avec pesticides
  • Cendre
  • Contenu du sac de l’aspirateur et charpie de la sécheuse
  • Excréments de toutes provenances


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