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L’ABC de la tomate
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L’ABC de la tomate

Recherche: Yasmina Lahlou; Texte: Raphaële St-Laurent Pelletier; Merci à Lili Michaud, agronome, auteure et conférencière, pour son aimable collaboration.

Quel bonheur de récolter des tomates bien en chair et gorgées de saveurs! Mais encore faut-il savoir les entretenir de manière à favoriser leur croissance.

Fruit ou légume, la tomate? Puisqu’au sens botanique, il s’agit d’un fruit, et qu’au sens culinaire et commercial, elle est considérée comme un légume, la tomate peut s’attribuer les deux qualificatifs. Certains la désignent également sous le nom de «légume-fruit».

Avec sa facilité de culture et son adaptation à différents climats, pas étonnant que la tomate soit cultivée dans plus de 170 pays! On peut employer différents modes de culture : en pleine terre, en serre, en pots, etc. Sa consommation est en constante augmentation: en 2013, les Canadiens consommaient individuellement une moyenne de 18 kilos de tomates par année!

Vous aimeriez en cultiver? Avant de vous lancer, sachez qu’il existe plus de 15 000 variétés de tomates dans le monde! Si on opte pour des plants, le nombre de variétés vendues au Québec se limite à 300 ou 400, ce qui est encore beaucoup. On peut obtenir des tomates rondes, aplaties, ovales, cylindriques, en forme de coeur, de poire ou de prune, et de toutes les couleurs (roses, rouges, pourpres, jaunes, oranges, etc.).

La taille moyenne de la tomate est similaire à celle d’une pomme, mais il existe aussi des variétés plus petites (la tomate groseille, qui est aussi petite qu’un pois, la tomate raisin, la tomate cerise, etc.). D’autres atteignent la taille d’un pamplemousse.

Du point de vue de ses atouts nutritifs, la tomate a l’avantage d’être peu calorique. De plus, elle renferme plusieurs nutriments (vitamine C et fibres, notamment), en plus de fournir du lycopène, un antioxydant de la famille des caroténoïdes qui lui confère sa belle couleur rouge. On lui reconnaît aussi un effet protecteur contre des maladies chroniques tel le cancer de la prostate.

Or, la meilleure façon de bénéficier de ce composé consiste à chauffer la tomate (pour en faire une sauce, par exemple): sous l’effet de la chaleur, le lycopène est libéré, et est ainsi assimilé plus facilement par le corps.

 

En pots et en pleine terre

Ce qui est intéressant avec la tomate, c’est qu’elle se cultive aussi bien en pots qu’en pleine terre. Il est donc facile de bénéficier de récoltes de tomates même dans un espace restreint (dans un environnement urbain, par exemple). Pour une culture au jardin, la plupart des variétés conviennent.

Cependant, pour une culture en pots, puisque l’espace est restreint, il est préférable d’opter pour une variété à croissance déterminée, qu’il ne sera pas nécessaire de tailler. Choisissez aussi de grands pots qui font un minimum de 30 cm de diamètre et de profondeur. Les pots au fini plus poreux favorisent le développement des racines, mais attention: il faudra arroser plus souvent.

Les contenants à réserve d’eau sont aussi un bon choix, puisqu’ils comprennent un espace dédié à une réserve d’eau qui, progressivement, se transmet directement au terreau.

 

Pour réussir ses semis

L’ABC de la tomate

Voici un petit résumé des conditions idéales pour assurer la réussite de vos semis.

Quand commencer ses semis de tomates?

Il vous faut d’abord connaître la date du dernier gel dans votre région. On commence généralement les semis de tomates de 8 à 12 semaines avant le dernier gel, mais les dates peuvent varier en fonction du type de croissance (déterminée ou indéterminée) de la variété à cultiver et de l’utilisation ou non d’un système de transition vers l’extérieur (petite serre ou couche froide). En raison de notre climat nordique, il est impératif de commencer les semis à l’intérieur.

Quelques conseils de réussite

  • Informez-vous afin de choisir de bonnes variétés de tomates. Si vous souhaitez faire l’essai de plusieurs variétés, limitez-vous à deux ou trois pour commencer.
  • Achetez des semences québécoises ou canadiennes (adaptées à notre climat), dont la date de péremption n’est pas dépassée.
  • Effectuez les semis au bon moment en consultant le sachet de semences et un calendrier des semis.
  • Utilisez des contenants appropriés (qui facilitent un bon drainage) et un terreau de qualité.
  • Mettez en place de bonnes conditions de culture (lumière, taux d’humidité, aération, température).
  • Offrez à vos tomates les soins requis (arrosage, transplantation, fertilisation, etc.).

 

Plant déterminé ou indéterminé?

En botanique, une croissance déterminée signifie que le plant est complètement formé, et le qualificatif «indéterminée» désigne une croissance qui n’est pas achevée.

Le plant déterminé s’élève jusqu’à plus ou moins 1 m: lorsque la plante atteint cette taille, elle cesse de croître et produit des fleurs et des fruits de grosseur moyenne sur une période de deux à trois semaines. Les variétés que l’on retrouve à l’épicerie (variétés modernes) sont la plupart du temps des plants déterminés s’ils ont été cultivés au champ.

Les plants à croissance indéterminée, quant à eux, poussent tant et aussi longtemps que l’on ne stoppe pas leur croissance: ils peuvent atteindre 1,5 m à 2 m de hauteur, parfois plus, et plusieurs mètres de longueur sur plusieurs mois.

La production sera progressive, la taille des fruits variée (de très petits à très gros), et la saveur supérieure à celle des variétés déterminées. Les variétés anciennes et les tomates cultivées en serre sont souvent des indéterminées.

Lors de l’achat des graines ou des plants, assurez-vous de demander s’il s’agit d’une variété déterminée ou indéterminée, car les conditions de culture ne seront pas les mêmes. En effet, puisque la taille varie entre les deux, les plants seront supportés et entretenus de différentes manières. De plus, l’espacement au jardin ne sera pas le même.

 

Le bon engrais

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Tous les types de terre conviennent à la tomate. Un sol très pauvre prendra quelques années avant d’être suffisamment fertile, mais avec un apport en compost et du paillis, il peut devenir très fertile après deux à trois ans. Ainsi, on recommande de bien préparer le sol, de l’amender avec du compost (et un engrais naturel granulaire, si le compost n’est pas assez riche).

En plus d’ajouter le compost au sol, ajoutez-en une bonne tasse directement dans le trou de plantation. La tomate est une plante très gourmande: elle adore le compost! Pour la culture au sol, il vaut mieux privilégier la terre plutôt que le terreau: le terreau est un mélange plus artificiel qui convient davantage à la culture en pots.

Les plants auront besoin d’être nourris avec un engrais naturel liquide (engrais d’algues, extrait de plante ou extrait de compost) environ une à trois fois par été. Pour une culture dans un pot poreux, il faut répéter plus souvent que moins.

 

Du paillis, SVP!

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En complément de la plantation, le paillis est un incontournable, et ce, aussi bien pour la culture en terre qu’en pots. Il permet de conserver une certaine humidité et favorise la rétention d’eau – il est important que la tomate ait toujours de l’eau de façon constante, sans exagération. Le paillis aide aussi à limiter l’envahissement des mauvaises herbes et, par conséquent, à limiter le désherbage. De plus, en se décomposant, il ajoute de la matière au sol et contribue à l’enrichir.

 

Les types de tuteurs

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Le type de support à utiliser dépend de la variété de tomate. Pour une variété déterminée, l’idéal est d’opter pour une cage à tomates, c’est-à-dire une cage robuste qui fait au moins 1 m de hauteur. La structure doit être très solide, car les plants peuvent prendre beaucoup d’ampleur, et sans support optimal, ils risquent de tomber.

Pour des variétés indéterminées, on peut utiliser un tuteur unique (de type tuteur à arbre robuste), suspendre les plants par le haut, les installer à un système de suspension par le haut ou les installer sur un treillis.

 

Associations intéressantes

À l’instar des tomates, le basilic et le persil apprécient un sol riche et constamment humide: il peut donc être intéressant de les cultiver à proximité. Même chose pour certaines fleurs comme la tagète et la capucine, qui exigent des conditions similaires (plein soleil, sol riche).

Lorsque le plant de tomate atteint une belle maturité, on peut éliminer progressivement les feuilles du bas afin d’assurer une meilleure circulation de l’air. Cet espace peut aussi servir à semer des épinards, des betteraves et des oignons verts, qui bénéficieront de l’ombre produite par les plants.

 

L’arrosage et l’ensoleillement

Pour obtenir une belle production, les tomates ont besoin d’une pleine exposition au soleil, idéalement à raison de 8 heures par jour. Elles peuvent tolérer une exposition au soleil de 6 heures, mais la production sera moins bonne. En ce qui concerne l’arrosage, on ne peut déterminer une fréquence précise, car cela dépend de plusieurs conditions (exposition au soleil, au vent, etc.).

Pour vérifier si la terre est humide, plongez-y un doigt jusqu’à la première jointure: si c’est sec, c’est signe qu’il faut arroser. Évitez d’arroser à petite dose tous les jours, car l’eau demeurera en surface et, par conséquent, les racines aussi. Il vaut mieux arroser en grande quantité pour s’assurer que l’eau pénètre le sol en profondeur, et ce, sans mouiller les plantes (un arrosoir à long bec aide à éviter de toucher les feuilles).

On peut aussi utiliser un système d’arrosage comme les tuyaux poreux et le système du «goutte à goutte», qui permettent d’arroser directement le sol. Retenez que la fréquence d’arrosage devra s’adapter aux conditions environnementales. Par ailleurs, si on cultive des tomates en pots, il faudra arroser plus souvent.

 

Couper les gourmands ou non?

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Voilà une question qui suscite la controverse dans l’univers de la culture de la tomate! Certains jardiniers préfèrent couper les gourmands, d’autres non. En effet, lorsque les conditions sont optimales, les laisser pousser peut permettre de doubler la production de tomates! Dans ce cas, pourquoi certaines personnes choisissent de supprimer ces tiges secondaires?

Tout simplement parce que lorsque l’on tuteure un plant de tomate pour l’élever par rapport au niveau du sol, il y a une limite de tiges que l’on peut fixer au support. On n’a donc pas vraiment le choix de supprimer les gourmands. Avec une cage de tomates, cependant, il n’est pas nécessaire de les supprimer : dès qu’une tige sort de la cage, il suffit de la repousser à l’intérieur.

Pour une variété de tomate indéterminée, il faudra prévoir une grande cage. Par ailleurs, si vous souhaitez obtenir des tomates géantes, la suppression des gourmands permettra au plant de procurer plus d’énergie à sa récolte limitée et ainsi, les fruits seront légèrement plus gros. À l’inverse, si on conserve les gourmands, la récolte sera plus abondante, mais les fruits, eux, seront plus petits. À vous de décider, donc, si vous taillez ou non les gourmands!

 

Les maladies à surveiller

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Heureusement, peu de ravageurs s’intéressent à la tomate. Lors des étés très humides, il se peut que l’on y retrouve des limaces, mais c’est peu courant. En revanche, les tomates sont très vulnérables aux maladies fongiques causées par des champignons microscopiques. Dans le cas de certaines maladies, il n’y a rien à faire. Les plants victimes de mildiou, par exemple, vont mourir au bout de quatre jours comme si le feu était passé dans le jardin!

Misez sur la prévention et retenez que ce n’est pas parce qu’il y a eu du mildiou à un endroit dans votre jardin une année que ça se répètera l’année suivante, car le mildiou est aérien. Pour ce qui est du chancre bactérien, puisque la contamination touche le sol, une fois les plants affectés, il n’est plus possible de remettre les tomates au même endroit année après année ou de cultiver dans le même pot. Si l’une de ces maladies s’est attaquée à un plant en pot, changez la terre et désinfectez le pot.

Pour certaines petites maladies fongiques, un traitement à l’aide de bicarbonate de soude aidera à retarder l’évolution de la maladie. Réagissez dès les premiers symptômes de maladie: bien souvent, les feuilles du bas commencent à jaunir ou des taches apparaissent. Dans d’autres cas, ce sont les fruits qui sont altérés.

On peut prévenir ces maladies en optant pour des semences de qualité, en préparant adéquatement le sol, en transplantant des plants vigoureux, en pratiquant une rotation, en couvrant le sol de paillis, en arrosant convenablement (arroser tôt le matin permet au sol de sécher et d’éviter la prolifération de champignons, éviter d’arroser les feuilles permet de limiter l’humidité, etc.), en éliminant les débris de culture du jardin en fin de saison, en taillant les feuilles mortes, en désinfectant ses sécateurs et en protégeant les plants à l’aide d’un abri à tomates.

 

Cueillez et dégustez!

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L’idéal, pour qu’une tomate révèle un maximum de saveur, c’est qu’elle mûrisse sur le plant et qu’on la récolte par la suite. Généralement, dans le cas des tomates rouges, le fruit vert qui a atteint sa taille blanchira légèrement avant d’acquérir une teinte blanc rosé, puis rouge. Cette évolution peut légèrement différer d’une variété à une autre.

Au Québec, cependant, la saison de croissance est plus courte en raison du climat. S’il commence à faire froid, il vaut mieux récolter la tomate avant qu’elle atteigne sa pleine maturité, car le froid l’empêchera de mûrir, en plus d’altérer sa texture et son goût. La tomate est un fruit climatérique, c’est-à-dire qu’elle continue de mûrir une fois cueillie.

Si l’on souhaite accélérer le mûrissement, il suffit de déposer la tomate dans un sac de papier brun afin que l’éthylène (gaz naturel responsable du mûrissement) du fruit soit concentré. La meilleure façon de profiter de la saveur de la tomate? La couper et la manger telle quelle (en tranches, dans une salade ou dans un sandwich, etc.)! On peut aussi en faire des tomates confites (avec des mini-tomates ou avec des tomates italiennes) afin d’obtenir un concentré de saveurs irrésistible!



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